Témoignage : concours photo

, par Webmestre

Concours photo organisé par Mme Jourdan et Mme Gaujal, professeurs d’histoire géographie, au lycée J.Prévert à Boulogne.

" Dans le cadre de l’étude du chapitre de géographie sur les territoires de proximité, nous avons organisé avec deux classes de 1ères ES un concours de photographie : après avoir étudié l’aménagement des anciens terrains Renault, dans le quartier du Trapèze et l’Ile Seguin, nous avons demandé aux élèves de se rendre sur le terrain, afin de prendre une photo qui montre un aspect de cet aménagement : en montrant soit une friche industrielle, soit les quartiers déjà réaménagés … Ils avaient le choix du cadrage, de l’angle de vue … leur photo devait présenter un intérêt esthétique et une pertinence géographique. Ils devaient accompagner leur photo d’une légende de quelques lignes.

Nous avons sélectionnés 6 photos sur lesquelles les membres du jury ont été appelés à se prononcer. Le jury était constitué des professeurs d’histoire géographie, du proviseur et de la proviseur adjointe, des documentalistes, des CPE et de l’intendance.
Ce projet s’est révélé très intéressant, à la fois pour les élèves et pour nous. Il a permis en effet de faire un travail de terrain en géographie, associé à une réflexion sur la photographie. Les élèves ont mieux compris, par la pratique, qu’une photographie est le résultat d’une construction intellectuelle et pas le simple reflet de la réalité. Ce travail nous a par ailleurs permis d’impliquer toute l’équipe éducative. Le rapport du jury a été particulièrement instructif.
"

Deux photos ont remporté le concours ex aecquo, les voici, accompagnées de leur légende et d’extraits de commentaires du jury.

Première photo

Photo 3

Légende :
Cette photo a été prise depuis le quai Georges Gorse à Boulogne Billancourt. Elle représente le pont Daydé, pont routier construit en 1928 par Henri Daydé et qui relie l’Ile Seguin à la rive droite de la Seine. On aperçoit la porte des anciennes usines Renault par lesquels tous les ouvriers de l’usine Renault passaient chaque matin pour aller travailler. Même si l’île Seguin est en totale réhabilitation, la mémoire du lieu et l’association de Billancourt et Renault a été préservée avec le classement en monument historique de cette porte d’entrée de l’ancienne usine.

Les commentaires des membres du jury :

  • “Petit coup de cœur pour la photo 3. C’est la nostalgie qui parle ! En effet, la porte d’entrée principale reste le seul "vestige" de l’activité de l’ile qui a été préservé. »
  • "J’aime beaucoup la 3 : une image, un vestige de ce qui nous reste aujourd’hui d’une époque de la ville. Cette photo nous montre un endroit et un passé pour l’instant encore non reconstruit , non réaménagé, que personne ne s’est encore approprié . Dans tous les quartiers en réaménagement on voit ces endroits qui sont "dans l’attente " de .... ; un "entre deux" ; un temps suspendu entre passé et avenir qui laisse libre cours à l’imagination de ce que ce lieu était et de ce qu’il redeviendra."
  • “Mon côté passéiste … la 3 !”

Deuxième photo

Photo 4

Légende :
Notre photographie a été prise sur L’Île Seguin au milieu du "Jardin de l’Île Seguin" et est prise par vue d’ensemble séparée en deux plans : un premier, l’Île Seguin et un travailleur des usines Renault des années 1960 et un second, le Trapèze et le quartier du Pont de Sèvres. Nous avons trouvé judicieux de faire apparaître un contraste entre le travailleur des années 1960 qui est retouché par un effet de noir et blanc qui exprime une idée du passé et le nouveau paysage "Ile Seguin, Trapèze, Quartier du Pont de Sèvres" qui exprime une modernité. L’histoire que raconte cette photographie est qu’un travailleur des années 1960 se retrouve en plein milieu de l’île Seguin où il n’y a plus d’usines ni d’employé et se sent donc perdu et satisfait.

Les commentaires des membres du jury :

  • « Ma préférence va à la 4 avec la personne de dos en premier plan qui voit la même chose que nous. Elle me parait très riche. »
  • « Photo 4 : un humain, seul, devant un irrémédiable désert de fer et de verre ; ciel gris bien sûr... »
  • « Je choisis la photo 4 car on y trouve à mes yeux de l’émotion et de la subtilité. Subtile par l’infinie des interprétations qu’elle offre à notre regard. N’assiste-t-on pas ici à la célébration de l’architecture, capable d’arracher l’homme à sa condition naturelle ? En effet, celui-ci est représentée prisonnier d’une végétation sauvage, comme un symbole de l’être originel. La voie du progrès se trouve alors toute tracée : de l’état primitif où se trouve l’homme jusqu’ à l’architecture, les bâtiments situés à l’horizon. On peut tracer d’ailleurs une ligne partant de la tête de l’homme et qui monte jusqu’au toit de l’immeuble de droite. Néanmoins, cette interprétation est peut-être tirée par les cheveux (à l’observer de près, c’est ce que semble me souffler l’homme sur la photo !) : cette photographie peut au contraire s’envisager comme un formidable avertissement adressé à l’architecture. Témoin de son temps, la photographie offre une place à la mémoire, ici la mémoire ouvrière. L’architecture semble au contraire évoluer dans une attitude nombriliste, où l’humain est complètement mis de côté, délaissé, dépassé. »

Voir en ligne : Page du concours photo

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)