Programme limitatif pour l’enseignement de spécialité d’histoire des arts en classe terminale

, par Webmestre

Années scolaires 2021-2022 et 2022-2023

Le programme limitatif pour l’enseignement de spécialité d’histoire des arts en classe terminale est défini dans le BO n°21 du 1er juillet 2021.

Le programme d’enseignement de spécialité d’histoire des arts institue trois questions limitatives, qui s’inscrivent dans les trois thématiques :

  • un artiste en son temps,
  • arts, ville, politique et société,
  • objets et enjeux de l’histoire des arts.

Elles sont définies et renouvelées par publication au Bulletin officiel de l’éducation nationale.

Pour les années scolaires 2021-2022 et 2022-2023, les trois questions retenues sont les suivantes :

Une artiste en son temps : Charlotte Perriand (1903-1999)

Créatrice d’objets devenus cultes, architecte et urbaniste, Charlotte Perriand occupe une place éminente parmi les créateurs du XXe siècle. L’espace sans hiérarchie et modulable dont elle donne maintes propositions, celui qui permet la circulation des corps, de corps libres dans des espaces contraints, fait écho à cette « vie de liberté, détachée des formules stéréotypées » qu’elle appelle de ses vœux. Pour y parvenir, elle met en relation tout au long de sa carrière les arts et les métiers, les cultures, les formes nobles et les productions vernaculaires, la nature brute et les conceptions les plus avant-gardistes, au service d’une « esthétique sociale » (Y. Rambosson) et profondément humaniste. Attentive à l’inscription sociale et politique de l’art, elle milite au sein de divers mouvements artistiques (Union des artistes modernes) et politiques (Association des écrivains et artistes révolutionnaires) et noue de profondes amitiés et collaborations avec les artistes de son temps, au premier rang desquels, Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Fernand Léger.

L’étude de l’œuvre de Charlotte Perriand abordera notamment les axes suivants : sa contribution à la modernité, la place qu’elle accorde à la nature dans la conception et l’usage des objets ou des habitations, son engagement politique, social et artistique, sa sociabilité artistique, son goût pour le dialogue des cultures et « la synthèse des arts ».

Arts, ville, politique et société : le voyage des artistes en Italie, XVIIe-XIXe siècles

Étape essentielle de la formation des artistes européens dès le XVIe siècle, le voyage en Italie s’inscrit dans une double perspective : enrichir l’inspiration d’après l’art de l’Antiquité et se confronter aux maîtres de la Renaissance italienne. À ce titre, il participe, d’une certaine manière, à l’essor du Grand tour, voyage initiatique des jeunes élites à travers l’Europe. Durant trois siècles, ces échanges artistiques constituent un mouvement de formation sans égal, qui influe considérablement et durablement sur l’évolution du style, des influences, du goût. Ils permettent une réappropriation et une interprétation de l’Antiquité et de la Renaissance dans l’ensemble de l’Europe et favorisent des interactions entre les artistes qui trouvent dans les grands foyers de l’Italie non seulement des sources renouvelées d’inspiration mais aussi le moyen de survivre.

Le voyage en Italie révèle et documente également le mode de vie des artistes, soumis à la recherche de la reconnaissance et de moyens de subsistance, réunis par affinité sociale et/ou nationale, de manière informelle ou au sein de structures officielles, qui, à l’instar de l’académie de France à Rome fondée en 1666, institutionnalisent le séjour en Italie.

La question limitative interroge de ce fait, outre la nature et les conditions de la production artistique elle-même, la vie quotidienne des artistes, dans sa dimension sociale, culturelle, économique ou religieuse. À travers l’installation de certains en Italie et le retour des autres dans leurs pays d’origine, elle aborde par ailleurs l’évolution progressive de la place de l’artiste dans la société, dans sa relation à l’institution, au monde économique, au marché de l’art et au mécène, et l’élaboration d’une légitimité.

Objets et enjeux de l’histoire des arts : femmes, féminité, féminisme

Thème récurrent dans l’art, la figure féminine endosse une multitude de statuts au service des œuvres ; muse, image ou symbole, elle est souvent une représentation fantasmée, érotisée, idéalisée et qui peut servir de modèle aux multiples fonctions sociales, tour à tour incarnation de la sensualité, de la maternité, des figures allégoriques liées au sacré, à la dimension politique ou aux vertus.

Cette hyper présence comme sujet ne parvient cependant pas à masquer la relative invisibilité des femmes comme créatrices, alors même que le geste artistique féminin est attesté depuis l’Antiquité. Ancrée dans une approche transhistorique, attentive aux évolutions récentes du contexte social, politique et culturel désormais largement soucieux d’équité et d’égalité, cette question permet de jeter un regard nouveau sur ces créatrices trop souvent restées dans l’ombre d’artistes masculins, voire anonymisées ; rares sont les noms de femmes qui ont traversé les siècles, trop souvent accolés à celui d’un maître, d’un époux, d’un employeur, d’un condisciple masculin.

De la même manière, cette question doit permettre de restituer la richesse des présences féminines dans le domaine des arts, y compris dans leur contribution à la connaissance, la diffusion et la préservation, comme collectionneuses, mécènes, érudites, historiennes, théoriciennes ou conservatrices. En appui sur certaines démarches émancipatrices, elle interroge enfin la revendication d’une place pour les femmes dans les arts, dans des démarches volontaristes liées notamment, pour les décennies les plus récentes, aux combats féministes.


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