Theresienstadt, entre histoire et mémoire. L’art pour témoigner et résister

, par Webmestre

Un projet interdisciplinaire arts-plastiques, français, histoire et technologie

Le projet :

Le projet était centré sur l’étude de l’ancien ghetto de Theresienstadt, afin d’y amener une classe de troisième pour y réaliser des performances artistiques. Pour ce projet Les élèves ont travaillé avec trois artistes, Victor Thomas vidéaste, Didier Lesour, comédien dramaturge et Roman Kroke, artiste interdisciplinaire.

Deux problématiques ont été abordées avec les élèves avant le voyage.

La première portait sur l’histoire, la mémoire et l’oubli. Il s’agissait d’interroger ce lieu de mémoire européen dont la mémoire juive a été occultée pendant la période communiste. Les élèves ont pu par ailleurs réfléchir sur les Lieux de mémoire, leur fonction première, leur évolution dans le temps…De nombreuses questions ont été abordées : Un lieu de mémoire doit-il conserver des traces de son histoire au risque de « muséifier » le site ? Que voit-on dans un lieu de mémoire si on ne connaît pas son histoire ? Les œuvres d’artistes/mémoriaux ne sont-elles pas davantage porteuses d’un message pour construire l’avenir ? Comment ces lieux peuvent-ils contribuer à la construction d’une société plus tolérante et égalitaire ?

La seconde problématique travaillée avec les élèves est intimement liée à l’histoire du camp de Theresienstadt : L’art comme moyen de résistance. « Camp vitrine » (Propaganda-Lager) ayant servi à la propagande des nazis durant la Seconde Guerre mondiale, Theresienstadt a également été un lieu où les artistes ont exprimé leur profonde opposition, et résisté à leurs bourreaux.

Le projet a débuté en cours d’histoire afin de donner aux élèves un contenu scientifique solide leur permettant de replacer les documents, les sources sur lesquelles ils allaient travailler dans les ateliers, dans un contexte plus large, dans une histoire longue et d’éveiller leur sens critique. En cours de français, les élèves ont lu Himmelweg de Juan Mayorga et un témoignage portant sur la Shoah – choisi dans une liste distribuée en début d’année. Les élèves ont également réfléchi à ce que l’expression artistique peut apporter à l’évocation des événements du passé et à la question de l’engagement.

Les élèves ont ensuite travaillé sur un projet d’enregistrement de lectures expressives constituant un corpus de poèmes et chants évoquant la réalité des camps : chants tziganes, poèmes de Paul Éluard, de Robert Desnos ou d’anciens déportés et chansons contemporaines d’Alain Bashung, de Fauve ou de Léonard Cohen.

Les ateliers artistiques réalisés in situ ont constitué le cœur de ce projet interdisciplinaire. Le but était que ces jeunes adolescents -futurs citoyens- puissent appréhender ce lieu de mémoire européen autrement qu’en simples visiteurs, qu’ils puissent l’interroger à partir de leur sensibilité, de leur histoire, de leurs différences…et laisser une empreinte, une trace un message…

L’équipe encadrante du projet :

  • Marion Lollier enseignante de français, collège Charles Péguy de Palaiseau ;
  • Laurence Pocztar enseignante d’arts-plastiques, collège Charles Péguy de Palaiseau ;
  • Claire Podetti enseignante d’histoire, collège Charles Péguy de Palaiseau ;
  • François Tixier enseignant de technologie, collège Charles Péguy de Palaiseau
    & Roman Kroke artiste interdisciplinaire indépendant ;
  • Didier Lesour, comédien dramaturge de la Compagnie Minuit zéro une ;
  • Victor Thomas vidéaste société Carlingue Film.

Voir en ligne : Témoignage vidéo du projet

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